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Ca y est, la saison 2009 a bien démarré, et c’est par une bonne classique de l’endurance que l’on a commencé. Parti samedi après être fraichement rentré d’essais bien difficiles à Barcelone avec STR, cela faisait presque un an et demi que je n’étais pas revenu aux US. Comme souvent en Floride (Miami), le soleil était aux rendez-vous, et après trois petites heures de route, j’étais arrivé sur le plus rustique des circuits que je connaisse, et que j’apprécie beaucoup pour pleins de raisons.
Le dimanche était une journée off où on s’est bien marré avec les cinq autres pilotes, en plus j’ai appris à jouer au poker, sans me faire plumer ! Dès le lundi, les choses sérieuses commençaient, et on a tout de suite vu que la nouvelle R15 était vraiment dans le coup. De notre côté, on s’est concentré sur les réglages de course, en roulant avec le plein et en faisant des longs runs. Pour cette course, j’étais en charge de qualifier l’auto, et vu les objectifs axés courses, je n’allais pas disposer de beaucoup de temps pour faire la préparation, Franck et Stéphane étant eu en charge de faire les longs runs. Mon boulot était d’ailleurs sensé avoir lieu mardi, journée un peu fraiche et couverte, mais en partant en pneus durs et froids (une première pour moi avec la 908, car en Europe on peut chauffer les pneus, mais pas en ALMS), alors que quelques goutes d’eau commençaient à tomber, je me faisais piéger comme un débutant, et tapais pas vite, mais au mauvais endroit (comme d’habitude). A mon grand soulagement, la coque n’était pas endommagée, car nous n’avions pas de châssis de secours. J’allais donc faire la qualif du jeudi sans avoir vraiment roulé, mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même. Quoi qu’il en soit, cela n’allait rien changer, car auteur d’un excellent premier tour en qualif, l’équipe me demandait de rentrer pour préserver les gommes en vu du double relais que Franck allait devoir faire au départ de la course… Toute la semaine, les conditions ont été très changeante, et sans changer le setup de l’auto, nous étions une fois heureux de l’équilibre, une fois inquiet ! Du coup, on ne savait pas trop ce que nous allions récolter pour la course… Tout commençait par un gros stresse quand pour une raison encore inconnue, on se retrouvait sans pression hydraulique (donc plus de boite et plus direction assisté) juste avant le warm up. Les choses étaient loin de s’arranger une heure avant le départ : après avoir changé la pompe, et avoir effectué quelques tours de mise en grille, la pression chutait à nouveau ! Ce coup là, les mécanos allaient faire une partie de mécanique pas possible en un temps record, changeant le système hydraulique entièrement ! Cependant, nous allions non seulement prendre le départ des stands, mais en plus on n’était pas du tout sûr d’avoir résolu le problème (ne sachant pas la cause). Enfin, après quelques tours une fois le drapeau vert brandi, la pression était stable et on pouvait se concentrer sur la remontée de Franck, et les 12 heures de folie qui se profilaient. Durant la première partie de course, les choses étaient plutôt calmes, malgré quelques bagarres avec l’Audi n°2 de pointe, mais on se copiait plus ou moins pour faire le même nombre de tour (j’étais d’ailleurs en charge de sauver une grosse quantité d’essence pour nous remettre en ligne) sur un relai afin de ne pas avoir à faire d’arrêt supplémentaire par rapport à la concurrence. Le plus difficile était de s’adapter aux conditions qui changeaient en permanence, avec un vent très soutenu qui ramenait beaucoup de poussière sur la piste. Les choses sérieuses allaient commencer à la tombée de la nuit (forcément cela devait tomber sur moi). Kristensen sortait la grosse attaque, et je devais riposter pour rester à une distance raisonnable. Malheureusement, au bout de quelques tours l’équipe allait détecter une crevaison lente, et je devais rentrer aux stands. Dans la séquence, nous allions probablement commettre la seule erreur de notre course en ne changeant que les pneus arrières, afin de limiter le temps perdu aux stands. La conséquence fut couteuse, car pendant dix tours, la voiture allait sousvirer énormément et j’allais perdre une vingtaine de secondes dans l’affaire, en plus de l’arrêt supplémentaire ! A mi relai, les choses rentraient dans l’ordre et je parvenais à aligner de bons chronos qui nous voyaient revenir sur les deux Audi. Lors de mon dernier relai, je repartais sur le même rythme, mais une nouvelle fois, la combinaison pneu – auto – piste allait stopper de fonctionner pendant une dizaine de tours, et j’allais perdre une bonne partie du temps que j’avais durement repris. Une fois les choses revenues dans l’ordre, je reprenais mon rythme d’enfer et finissais en trombe, avec dernier tour clair de tout trafic, qui affichait un 1:43,2s (nouveau record du tour en course). A la sortie de l’auto, je la voyait vraiment gagnée cette course. Franck allait finir, et après avoir été impérial toute la journée, tout s’annonçait très bien ! Mais c’était sans compter sur les conditions qui une nouvelle fois allaient mettre la pagaille. En effet, Franck allait se retrouver dans le même scénario que Stéph et moi avions vécu plus tôt dans la course : l’auto ne voulait plus répondre, plus de grip ! En plus, chez les Allemands, McNish était déchainé et ne nous laissait aucune chance de revenir. Après ce sprint de 12h, et une seconde place au bout, le bilan est positif. Notre auto sera beaucoup plus à son aise sur le grand circuit sarthois, et j’ai déjà hâte d’y être ! De plus, avec cette nouvelle R15, Audi a de nouveau eu une réussite insolente, qui finira bien par avoir une fin, alors pourquoi pas au Mans ! Allez, je suis dans l’avion direction Melbourne pour la première de la saison F1, alors à la semaine prochaine. Euh oui, n’ayant fait qu’un jour effectif dans TR4, je préfère ne rien dire avant que cela commence, et garder les espoirs au mini pour les deux premières, après on verra…
@+, Seb.
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