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Après deux jours de tourisme à Washington, j'étais fin prêt à attaquer le nouveau circuit urbain de Baltimore, une de nos meilleures chance de faire un très bon résultat aux vues de notre excellent niveau de performance à Toronto. Fin prêt ou presque, car vendredi matin, après une nuit sans sommeil, je me levais avec un rhume carabiné (la gorge, le nez, les oreilles : la totale). Du coup, j'étais déçu que la piste ne soit pas prête et que la première séance libre soit annulée, mais d'un autre côté, je me sentais tellement mal que ce fut peut-être une bonne chose ! Le tracé s'annonçait très spécial, avec un partie en enrobé de bonne qualité, et l'autre en béton hyper bosselé, type Denver ! Le setup allait donc être un compromis...
La première journée allait donc débuter sur le très tard, avec une seule séance au lieu de deux. La première approche était positive par rapport au tracé, mais je ne pouvais pas en dire autant de la voiture. Je souffrais d'un terrible sous-virage, je bloquais les roues un peu partout de façon anormale, on était à trois secondes, et je me sentais super mal : tout allait bien quoi ! Après quelques ajustements, je parvenais à signer un chrono respectable, mais je restais très réservé pour la suite. Après de nombreuses heures de débrief, on allait convenir que les blocages étaient essentiellement dûs au fait que la voiture était toujours trop basse (malgré une hauteur de caisse déjà très élevée). Quant au sous-virage, la décision était prise de relever le centre de roulis arrière. Le lendemain, d'entrée de jeu la situation n'était plus la même. Je me sentais toujours aussi mal, mais l'auto était confortablement dans le top 5, et nous n'allions donc plus trop jouer, cherchant juste à optimiser. Pour la qualif, je me retrouvais dans le premier groupe, sur une piste qui venait de se faire rincer par un gros orage, et je n'étais plus trop sûr de mon coup, car il était clair que le niveau de grip serait bien différent du matin où la piste avait commencé à prendre pas mal de gomme... A la sortie des stands, j'allais tout de suite réaliser que le grip n'était plus là, et les options n'allaient pas tout compenser. Je prenais donc la décision de ne pas taper dans les pneus sur les premiers tours, attendant un peu que les conditions s'améliorent. Malgré tout, l'auto allait être assez vive, avec un arrière très joueur sur les entrées (tout ce que j'aime quoi...). Pour couronner le tout, les ingénieurs de PI (gestion des acquisitions de données) allaient oublier de brancher la cellule pour les chronos embarqués, et nous allions perdre le courant dans les stands : c'est donc à l'aveuglette que nous allions disputer la Q1 ! Même une fois rentré aux pits, je ne savais toujours pas si nous étions sortis vivants du très dense groupe 1. Une fois rassuré, le fast 12 s'annonçait bien, et je décidais de ne pas toucher à ma Dallara. La piste allait forcément se gommer, ce qui allait calmer l'arrière, en tout cas, c'était ma décision. Bien m'en a pris, car l'auto allait se révéler excellente, et j'allais signer le troisième chrono, tout proche de la pôle ! Tous les espoirs étaient donc permis pour notre premier fast 6 de l'année. Malheureusement, pour je ne sais quelle raison, je n'allais pas parvenir à redémarrer les pneus (les mêmes que dans le fast 12). Avec peu de grip, je n'allais pas parvenir à faire mieux que le 5ième chrono... Dimanche, j'aurais mieux fait de rester au lit ! Debout de bien bonne heure pour le warm-up qui était à 8h30, nous n'allions rien pouvoir y faire. Accident après accident, j'allais être en mesure de boucler quatre tours (sortie et rentrée aux stands, c'est tout). C'est sans info avec le plein que nous allions prendre le départ. Auteur d'un départ un peu timide, je parvenais à faire le freinage à Ryan Hunter Ray au premier virage, et à conserver ma position. La course s'annonçait longue et très difficile, chaleur et humidité étant très élevées, mais je suivais sans trop de mal Briscoe tout en sauvant du carburant. C'est alors qu'une odeur de grillé allait faire son apparition. Dans un premier temps, je tentais de me rassurer en me disant que c'était peut-être l'australien, mais lors du freinage pour le premier virage, je rétrogradais de la 6ième jusqu'à la 3ième, et puis plus rien ! De retour aux stands sur ce rapport, mes mécaniciens allaient tout tenter, mais un court circuit sur le faisceau électronique avait coupé l'alimentation du boitier de contrôle de la boite de vitesse, et s'en était terminé...
Une réelle opportunité de podium s'est refusée à nous, mais il reste encore une course d'IndyCar, à Motegi. Sinon, je vous écris depuis Roissy, direction Londres pour me rendre aux 6h de Silverstone : wish me luck !
Seb.
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