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La vocation

Sébastien Bourdais est né le 28 février 1979 au Mans, berceau de la course automobile d'endurance et Reine de l'épreuve mythique des 24h depuis 1923. Le berceau de Sébastien est, lui, probablement en forme de baquet : Plongé dans l'atmosphère de la course automobile par l'intermédiaire de sa région et grâce son père, Patrick, qui a eu son petit succès sur quatre roues (amateur, Patrick entretient sa flamme de la compétition au travers du rallye mais aussi et surtout de l'endurance – il a participé aux 24h du Mans entre 1993 et 1997), Sébastien se voit offrir son premier baquet, celui d'un kart, en 1989.

« Je me souviens comme si c'était hier du jour où je lui ai offert son premier kart » se souvient Patrick Bourdais, « C'était le jour de son anniversaire, sur le circuit Alain Prost au Mans. J'ai perçu qu'il était vraiment doué dès ses premiers tours de roues, puisqu'il était immédiatement dans les temps des meilleurs minimes. Ses trajectoires étaient très coulées et il avait déjà une bonne analyse de sa machine. »

Les résultats ne se font pas attendre et ne font pas mentir Patrick : champion de ligue Maine Bretagne en 1991, 4è du championnat de France Cadets en 1991 et champion de la ligue Cadets en 1993, Sébastien gravit quatre à quatre les marches de la hiérarchie nationale.

La monoplace

En 1995, Sébastien se lance pour la première fois de sa carrière dans un championnat monoplaces, la Formule Campus. « Lors d'une course à Dijon en Campus, il a mis une seconde à tous les concurrents, sur une piste trempée, puis sèche » se souvient Patrick, « Or, il n'avait jamais roulé sur ce circuit ! Il a gagné les deux manches en partant 16è et 12è. Ce jour-là, j'ai compris qu'il pouvait faire carrière dans le sport automobile. Et lorsqu'il a remporté le titre de Formule 3, on a commencé à penser à la Formule 1. »

L'année suivante, Sébastien prend part au championnat de France de Formule Renault, dont il se classe septième. Cette année-là le verra également s'imposer aux 24 heures du Mans karting. Vice-champion du même championnat monoplaces en 1997, il conclut son premier chapitre F3 France (1998) par le trophée des meilleurs débutants et cinq victoires à la clef. L'adage "une année pour apprendre, une année pour gagner" prend tout son sens avec le titre 1999, le plus coté sur le territoire national. Sébastien écrit également les premiers chapitres de son parcours en endurance lorsqu'il participe cette année-là à la course 'qui fait le tour de l'horloge', les 24 heures du Mans. L'année suivante, Henri Pescarolo engage pour la première fois une voiture sous ses propres couleurs. Pour le quadruple vainqueur de l'épreuve, il est impensable de constituer un équipage dépourvu d'un jeune espoir ; Sébastien sera celui-là, il ne le décevra pas avec une 4è place sous le drapeau à damiers, derrière les intouchables Audi.

Champion

Au tournant du millénaire, Sébastien franchit logiquement le pas de la F3000, son premier championnat International. 9è la première année, 4è douze mois plus tard, il étoffe son palmarès et son expérience avec des apparitions fructueuses en LMS, ELMS, FIA GT et 24h du Mans. Puis il se concentre sur sa discipline de prédilection – la monoplace – et plus particulièrement sur la F3000, dont il devient le champion en 2002.

La F1, ou presque

A 24 ans, Sébastien – major des meilleures écoles de monoplaces – est mûr pour le plus haut niveau du sport automobile, la Formule 1. Arrows est la première écurie à lui proposer un contrat de pilote titulaire, en 2003. Mais l'écurie de Leafield est en banqueroute avant même le début de la saison régulière et Sébastien, pris de court, doit se tourner vers de nouveaux horizons. Le temps est compté, les écuries F1 ont défini leur line-up pour la saison à venir et Sébastien prend son bâton de pèlerin, direction le rêve Américain.

Quadruple champion

Le rêve Américain s'est pleinement concrétisé. En trouvant la confiance de la meilleure écurie du plateau Champ Car, Newman/Haas, Sébastien a donné libre cours à son imagination. Au point d'effacer des tablettes certains des plus anciens records de la discipline. En remportant son 4è titre de rang en 2007, Sébastien est devenu le premier pilote de l'Histoire de la discipline à truster les titres 4 années d'affilée.

Sébastien s'est mis sur son 31 pour sa dernière apparition en Champ Car, le 11 Novembre 2007 au Mexique : le quadruple champion de la discipline y a remporté son 31è succès (en 73 départs) un pourcentage de réussite de 42,4%. A Mexico, Bourdais s'est hissé au niveau de Paul Tracy et Al Unser Junior pour devenir le 6è pilote de l'histoire à avoir remporté le plus de courses en Champ Car. Bourdais possède le record du nombre de victoires en une saison : 8 succès en 2007. Le Français rejoint de glorieux pilotes dans les tablettes du Champ Car : Andretti (1991), Al Unser Junior (1994). Les 31 victoires de Sébastien riment avec ses 31 pole positions. Son taux de réussite est inégalé et au niveau quantitatif, Sébastien se classe au 6è rang derrière Mario Andretti (67), A.J. Foyt (53), Bobby Unser (49), Rick Mears (40) et Michael Andretti (32). Il a mené 2.013 tours de course sur 6.905 possibles.

Le parcours de Sébastien outre-Atlantique ne s'est pas arrêté au Champ Car. Vainqueur d'une manche de la prestigieuse compétition IROC regroupant les meilleurs pilotes évoluant en Amérique du Nord, Sébastien a également enrichi son palmarès d'une participation remarquable et remarquée aux 500 miles d'Indianapolis, où il a longtemps prétendu à la victoire.

Finalement la F1

Le palmarès de Sébastien Bourdais en monoplaces parle pour lui. La seule aventure qui pouvait venir compléter sa carrière et à laquelle il aspirait naturellement, est la Formule 1, l'Olympe du sport automobile de vitesse. Après plusieurs contacts infructueux, la réponse positive est venue d'une rencontre décisive. « En 2006 je nourrissais peu d'espoir et j'étais prêt à laisser tomber. Puis j'ai un reçu un coup de téléphone et une semaine après j'étais dans une Toro Rosso ! »

Cet essai, ainsi qu'un deuxième organisé en 2007 sur le circuit de Spa-Francorchamps, suffisent à convaincre les dirigeants de la Scuderia de lui confier le volant d'une des deux Toro Rosso pour la saison 2008, aux côtés de l'allemand Sebastian Vettel. Au volant de la monoplace de la saison précédente, Sébastien fait des étincelles dès sa première course. Quatrième en fin de course, il résiste et parvient même à distancer Fernando Alonso et Heikki Kovalainen. Mais à trois tours de l'arrivée, un problème moteur le contraint à l'abandon. La suite de la saison se révèle plus délicate, en raison d'une monoplace à l'équilibre précaire, jusqu'au Grand Prix de Valence, où l'équipe apporte un nouveau package aérodynamique qui corrige la situation. Six fois dans le top 10 en qualifications lors des sept dernières courses, Sébastien signe des performances de premier plan qui ne sont hélas pas récompensées par des résultats concrets, en raison notamment de l'arrivée de la pluie dans le dernier tour à Spa-Francorchamps, d'une pénalité au Japon (6ème, déclassé 10ème) ou encore d'un problème technique sur la grille de départ à Monza alors qu'il partait de la deuxième ligne.

Grâce à ces performances, Toro Rosso reconduit Sébastien pour la saison 2009. Maleureusement, la monoplace ne présente pas le même niveau de compétitivité qu'en 2008. Sébastien parvient malgré tout à accrocher un point lors de la course d'ouverture à Melbourne, puis un deuxième à Monaco. A partir du Grand Prix de Hongrie, Toro Rosso fait le choix de donner le volant de la monoplace n°11 au jeune Espagnol Jaime Alguersuari en vue de la saison 2010. Sébastien rebondit alors en Superleague Formula, remportant deux courses sur les trois derniers meeting de la saison.