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Victoire à Détroit ! - 03/06/15

La huitième manche du championnat IndyCar à vu le retour de la voiture n°11 sur la plus haute marche du podium. Parti de la neuvième position sur la grille (suite à l'annulation de la séance chrono) sous la pluie, les conditions s'avéraient difficiles avec un grip très limité pendant la première moitié de course. C'est alors que la première neutralisation survenait, et poussait 50% des concurrents (dont moi) à passer en pneus slicks, alors que la piste était encore très piégeuse. Plutôt inspiré, je parvenais à dépasser Dixon et Power qui étaient restés en pneus pluie. La suite de la course allait se résumer à un concours de drapeaux jaunes et de restarts, lors desquels Montoya allait me mener la vie dure avant qu'il soit victime de Sato et Rahal. L'autre aspect de notre course était très tactic, car tous ceux qui avaient mis les slicks à mi-course étaient en manque de carburant, environ 6 tours à 20 tours de l'arrivée. Fort heureusement, la succession de neutralisations allait permettre à la plupart de rejoindre l'arrivée, mais l'histoire gardera que je suis le seul équipé d'un moteur Chevrolet à ne pas être tombé en panne d'essence, afin d'offrir cette victoire si importante au constructeur américain, dans leur jardin !

Prochaine épreuve à Texas, le weekend prochain.

Fontana. - 02/09/14

Pour la dernière épreuve du championnat, nous avions rendez-vous sur le superspeedway de Fontana, en Californie. Oval en forme de D où les vitesses moyennes frôlent les 220mph, c'est un des rares tracés de ce type que j'apprécie vraiment. Premièrement parce que les courses sont intéressantes, avec quatres trajectoires bien distinctes, et aussi car l'an passé, je m'étais prouvé capable de jouer la gagne après une superbe qualif! Les conditions météos étaient très chaudes, bien plus qu'aux essais hivernaux ou pour la course de l'an passé tenue en Octobre. La séance libre du Mercredi avait permis de confirmer une chose: nous manquions cruellement de grip. L'équilibre n'était pas franchement mauvais, mais la voiture glissait beaucoup trop, faisant chauffer les gommes au point de non retour.

Pour le début du meeting, nous allions donc effectuer quelques modifications. La première séance ayant lieu à 10h du matin, je me trouvais plutôt à l'aise, et parvenais à signer un chrono raisonnable, malgré une approche prudente dans les premiers tours avec les pneus neufs. Malheureusement, au fur et à mesure que la température de piste montait, il était clair que nous perdions du terrain, en glisse de partout. C'est avec peu de confiance que j'abordais la qualif, car la piste était dorénavant à 65°C, du jamais vu! Plusieurs concurrents allaient se faire pièger, tentant de rouler la trajectoire intérieure (la plus courte, donc la plus rapide), mais devant lâcher la pédale de droite afin de ne pas taper le mur. De mon côté, j'allais adopter une stratégie raisonnable vu les conditions, restant en haut de la piste, mais cela n'allait pas payer, car mon premier tour, à fond absolu, n'allait être enregistré qu'à la moyenne de 215.3mph. Lors du second tour, j'allais perdre le train avant à la sortie du virage 2 et perdre 1mph. Au final, je me retrouvais 15ième, bien déçu mais pas très surpris. La dernière séance allait être prometteuse, car pendant les premiers tours, je parvenais à jouer dans le trafic, enregistrant des vitesses très correctes, mais rapidement le rythme s'éfondrait à cause d'une perte de grip bien trop rapide. Pour finir, Aleshin allait mordre très largement la partie plate à l'intérieur du virage 3. Instantanément, sa voiture partait en tête à queue, touchait Dixon qui rentrait aux stands (sans conséquences), explosait le malheureux Kimball, heurtait très violemment les grillages, et finissait son weekend KO et bien cassé. Fort heureusement, sa vie n'est plus en danger, mais les dégâts physiques sont nombreux.

La course allait donc s'élancer avec 21 voitures, sur une piste toujours très chaude. Auteur d'un excellent départ, je gagnais plusieurs positions lors des premiers virages, mais j'allais rapidement payer le prix fort. Au bout d'une dizaine de tours, je devaient perdre toutes les positions durement gagnées, et finir mon premier relais à la dérive... Dès lors, nous allions mener une grosse bagarre pour rester dans le tour du leader. Grace à l'absence de drapeau jaune, le peloton s'était bien étiré, ce qui me permettait de rouler seul, sans turbulences aéro. Dans ces conditions, avec l'aide de toute l'équipe (pit-stop et stratégie), nous allions parvenir à nous accrocher dans le bon wagon. C'est alors que RHR allait partir à la faute, causant le seul et unique drapeau jaune de cette course de 500 miles, et tout allait basculer pour nous. Au moment où la neutralisation intervenait, j'étais en train de me dédoubler de Helio, et mon spotter allait m'annoncer que nous l'avions dépassé avant la sortie du drapeau jaune. Pas très sûr dans un premier temps, j'allais me replacer derrière le leader, et négocier les deux premiers virages derrière lui. Mais à la sortie du complexe, Helio allait ralentir sensiblement, me faire un signe, et sur l'insistance de mon spotter et de mes ingénieurs, je dépassais le leader, et je venais me placer en queue de peloton. Une fois la séquence terminé, nous pointions dans le top 10. Malheureusement, la direction de course n'allait pas réaliser la situation tout de suite, et au lieu de nous demander de reprendre "notre position", comme c'est le cas en général, nous allions écoper d'un stop and go de 30s après la relance. Sur un tel circuit, autant garer la voiture. La manoeuvre nous reléguait à 2 tours, juste devant les leaders en bagarre pour la victoire. Je m'effaçais et les laissais en découdre avant de rentrer aux stands pour un nouveau ravitaillement. Mais cela n'était vraiment pas notre soirée, car les bouteilles d'air comprimé pour le train avant étaient vides, et c'est ainsi que nous allions perdre 2 tours supplémentaires. Je finissais par rallier l'arrivée à la 18ième position, et perdais deux places au classement général pour terminer 10ième.

Après cette saison jonchée d'obstacles, avec bien souvent beaucoup de vitesse, mais peu de résultats, il est clair que nous aurions souhaité plus. Cela dit, je pense que nous avons construit quelque chose de solide pour l'an prochain, où nous devrions récolter les fruits de notre travail. Vivement 2015 pour une nouvelle saison IndyCar avec KVSH, et rendez-vous dans un peu plus d'un mois pour la finale du Tudor USC Championship, où je ferai de nouveau équipage avec Christian et Joao dans la Corvette d'Action Express, pour les 10h du Petit Le Mans à Road Atlanta.

@+,
Seb.

Sonoma - 27/08/14

C'est sur le circuit de Sonoma, au Nord de San Francisco, que s'est tenue l'avant dernière manche du championnat IndyCar. Tracé sur lequel nous avions testé au mois de Février, avec beaucoup de succès, les espoirs de l'équipe étaient très élevés. Ma voiture était excellente dans les conditions fraiches de l'hiver, et nous savions tous que les choses pouvaient être sensiblement différentes avec des températures de piste bien supérieures.

Dès les premiers tours de roues, je devais me rendre à l'évidence, la tonne de grip qui avait rendu ma voiture si compétitive en Février n'était plus là ! en glisse de partout, l'équilbre n'était pas mauvais, mais il allait falloir trouver des solutions, et vite. Avec un nouveau weekend de deux jours, peu de pneus, et seulement deux séances libres, les Penske, Ganassi, Andretti et consor, qui étaient venus tester en Californie entre Mid-Ohio et Milwaukee étaient tous devant! Sans nous apitoyer sur notre sort, nous allions trouver quelques solutions et gagner un peu de terrain, sans toutefois nous retrouver aux-avant postes, restant à une petite demi seconde. La qualif arrivait déjà. Après un premier run en pneus standards où je me retrouvais 4ième avec une auto assez fine de l'arrière, nous chaussions les options et croisions les doigts. Tout de suite je réalisais que cela allait être le premier tour ou rien. Je réalisais une boucle correcte qui nous permettait de signer le deuxième chrono du groupe et de passer en Q2. Après quelques petits ajustements pas très concluants, j'allais faire une erreur lors de mon premier tour. Afin de sauver les gommes et d'optimiser mes chances, je levais le pied et tentais un second tour, mais le "jus" des pneus était parti, et je ne parvenais pas à faire mieux que le 7ième chrono, râtant le fast six pour 5 centièmes...

Pas très fier de ma prestation en qualif, nous allions préparer la course avec un warm-up solide. L'auto semblait prendre relativement soin des gommes, et le rythme très correct. Au départ, tout allait malheureusement partir de travers lorsque cote à cote avec Castroneves, je me retrouvais dans la boite de Briscoe. Tentant de ne pas exploser tout le monde, je poussais les deux, et me retrouvais avec une auto tordue et moteur calé. Fort heureusement, le drapeau jaune sortait, et je parvenais à rejoindre le peloton, mais la course s'annonçait beaucoup moins bien, dorénavant dernier avec une auto pas à 100%. L'équipe allait alors être très audacieuse coté stratégie, et un peu avant la mi-course, la situation était plutôt prometteuse, surtout quand Huertas explosait son moteur et nous permettait de recoller à la tête. Mais à la relance, alors qu'il nous restait dix tours de carburant et que tout le monde devant nous, devait ravitailler dans les deux, trois tours, Castroneves allait se mettre complètement à l'intérieur de l'épingle, alors que j'étais déjà en train de passer mon coéquipier. Pris en sandwich, le contact était assez violent, Seb partait en tête-à-queue, je parvenais à continuer, perdant 5 positions, et Castro s'en sortait sans problème... La fin de course allait être moins passionnante, bloqué derrière les voitures qui tentaient de finir avec les vapeurs d'éthanol. Grâce à Power qui faisait le ménage devant moi, et à quelques autos en panne de carburant lors du dernier tour, je terminais 11ième.

Après ce weekend pas irréprochable de mon coté, nous sommes déjà à Fontana, où j'espère pouvoir terminer en beauté.
Seb.

Weekend difficile à Milwaukee. - 19/08/14

C'est sur l'oval presque plat d'un mile situé à West Allis dans le Wisconsin, que le championnat IndyCar rentrait dans la dernière ligne droite du calendrier. Circuit sur lequel j'avais remporté ma seule et unique victoire sur "short oval" en 2006, je savais ce qui allait nous falloir pour nous battre devant, mais le simple fait que nous n'ayons pas pu tester comme les autres au mois de Juin allait forcément nous faire défaut. Avec ces weekends de deux jours, seulement deux petites heures d'essais et trois trains de pneus, il fallait que l'auto soit top d'entrée de jeu, afin d'espérer un nouveau bon résultat.

Les températures étaient très élevées dès la première séance du matin, et un énorme sous-virage allait mettre un gros coup de frein à nos aspirations... après plusieurs tentatives, il apparaissait très clair que nous n'étions pas dans le coup.
Pour la seconde libre, nous allions tenter une autre solution technique sans plus de réussite. Dès que j'essayais d'attaquer en entrée de virage, le pneu avant droit m'abandonnait, et j'étais bien obligé de lâcher l'accélérateur pour gérer la dérive du train avant. En tentant de résoudre le problème, nous allions parvenir à introduire une grosse glisse du train arrière en sortie de virage, sans réellement changer l'équilibre au centre du virage.
Forcément, la séance qualif s'annonçait compliquée, mais en pneus neufs, j'avais bon espoir qu'avec une bonne dose d'aileron avant et quelques changements mécaniques, j'allais parvenir à limiter la casse. Mais dès le tour de chauffe, j'étais forcé de constater que cela n'avait pas suffi, et le niveau de sous-virage était tel que le pneu avant droit en vibrait. Je signais le 18ième chrono, bien loin de la pôle !

Pour le dimanche, la température avait bien baissé, ce qui allait nous aider à gérer le sous-virage (en général, plus il fait chaud, plus le problème rencontré augmente, et vis-versa). Malgré tout, le soleil chauffait bien la piste, et je ne m'attendais pas à des miracles. Le départ est toujours super important sur ce circuit où il est très difficile de dépasser. J'allais donc exécuter mon plan de façon presque parfaite, utilisant l'extérieur pour passer plusieurs concurrents. Pointant 13ième après quelques boucles, on n'était pas franchement dans le bon wagon, mais on limitait la casse. Comme d'habitude, la tête allait rapidement rattraper les derniers, et cela allait créer un regroupement aux-avants postes, forçant un peu le premier cycle de ravitaillement. Le danger est toujours assez élevé sur les petits ovals, car tu perds presque deux tours en stoppant sous drapeau vert, et si jamais le drapeau jaune tombe, ta course est foutue. Nous allions donc décider de ne pas effectuer notre premier arrêt trop tôt, préférant tenter un truc plus tard dans la course. Planté dans le trafic, mon équipe allait décider d'anticiper le second pit-stop. Grace à plusieurs tours rapides, utilisant au mieux les pneus neufs, je parvenais à me hisser à la septième position, et tout le timing stand commençait à y croire (moi aussi d'ailleurs). Malheureusement, le premier et unique drapeau jaune interrompait notre élan, avant qu'un problème à l'avant droit nous fasse perdre deux positions. En plus, afin de ne pas finir la course en vieux pneus, il allait falloir effectuer le restart avec les pneus de qualif ! A la relance, je n'allais pas faire le poids face à mes concurrents en pneus neufs, et je perdais presque toutes les positions durement acquises... De mon côté, j'allais me faire quelques frayeurs, manquant de peu le mur au milieu du premier virage et perdant près de 5s. Avec une fin de course sans histoire, je ralliais l'arrivée en 12ième position, pas content du résultat, mais il était clair qu'il nous en manquait ce weekend, alors direction la Californie pour Sonoma et Fontana, deux circuits que j'affectionne.

A la semaine prochaine,
Seb.