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Fontana. - 02/09/14

Pour la dernière épreuve du championnat, nous avions rendez-vous sur le superspeedway de Fontana, en Californie. Oval en forme de D où les vitesses moyennes frôlent les 220mph, c'est un des rares tracés de ce type que j'apprécie vraiment. Premièrement parce que les courses sont intéressantes, avec quatres trajectoires bien distinctes, et aussi car l'an passé, je m'étais prouvé capable de jouer la gagne après une superbe qualif! Les conditions météos étaient très chaudes, bien plus qu'aux essais hivernaux ou pour la course de l'an passé tenue en Octobre. La séance libre du Mercredi avait permis de confirmer une chose: nous manquions cruellement de grip. L'équilibre n'était pas franchement mauvais, mais la voiture glissait beaucoup trop, faisant chauffer les gommes au point de non retour.

Pour le début du meeting, nous allions donc effectuer quelques modifications. La première séance ayant lieu à 10h du matin, je me trouvais plutôt à l'aise, et parvenais à signer un chrono raisonnable, malgré une approche prudente dans les premiers tours avec les pneus neufs. Malheureusement, au fur et à mesure que la température de piste montait, il était clair que nous perdions du terrain, en glisse de partout. C'est avec peu de confiance que j'abordais la qualif, car la piste était dorénavant à 65°C, du jamais vu! Plusieurs concurrents allaient se faire pièger, tentant de rouler la trajectoire intérieure (la plus courte, donc la plus rapide), mais devant lâcher la pédale de droite afin de ne pas taper le mur. De mon côté, j'allais adopter une stratégie raisonnable vu les conditions, restant en haut de la piste, mais cela n'allait pas payer, car mon premier tour, à fond absolu, n'allait être enregistré qu'à la moyenne de 215.3mph. Lors du second tour, j'allais perdre le train avant à la sortie du virage 2 et perdre 1mph. Au final, je me retrouvais 15ième, bien déçu mais pas très surpris. La dernière séance allait être prometteuse, car pendant les premiers tours, je parvenais à jouer dans le trafic, enregistrant des vitesses très correctes, mais rapidement le rythme s'éfondrait à cause d'une perte de grip bien trop rapide. Pour finir, Aleshin allait mordre très largement la partie plate à l'intérieur du virage 3. Instantanément, sa voiture partait en tête à queue, touchait Dixon qui rentrait aux stands (sans conséquences), explosait le malheureux Kimball, heurtait très violemment les grillages, et finissait son weekend KO et bien cassé. Fort heureusement, sa vie n'est plus en danger, mais les dégâts physiques sont nombreux.

La course allait donc s'élancer avec 21 voitures, sur une piste toujours très chaude. Auteur d'un excellent départ, je gagnais plusieurs positions lors des premiers virages, mais j'allais rapidement payer le prix fort. Au bout d'une dizaine de tours, je devaient perdre toutes les positions durement gagnées, et finir mon premier relais à la dérive... Dès lors, nous allions mener une grosse bagarre pour rester dans le tour du leader. Grace à l'absence de drapeau jaune, le peloton s'était bien étiré, ce qui me permettait de rouler seul, sans turbulences aéro. Dans ces conditions, avec l'aide de toute l'équipe (pit-stop et stratégie), nous allions parvenir à nous accrocher dans le bon wagon. C'est alors que RHR allait partir à la faute, causant le seul et unique drapeau jaune de cette course de 500 miles, et tout allait basculer pour nous. Au moment où la neutralisation intervenait, j'étais en train de me dédoubler de Helio, et mon spotter allait m'annoncer que nous l'avions dépassé avant la sortie du drapeau jaune. Pas très sûr dans un premier temps, j'allais me replacer derrière le leader, et négocier les deux premiers virages derrière lui. Mais à la sortie du complexe, Helio allait ralentir sensiblement, me faire un signe, et sur l'insistance de mon spotter et de mes ingénieurs, je dépassais le leader, et je venais me placer en queue de peloton. Une fois la séquence terminé, nous pointions dans le top 10. Malheureusement, la direction de course n'allait pas réaliser la situation tout de suite, et au lieu de nous demander de reprendre "notre position", comme c'est le cas en général, nous allions écoper d'un stop and go de 30s après la relance. Sur un tel circuit, autant garer la voiture. La manoeuvre nous reléguait à 2 tours, juste devant les leaders en bagarre pour la victoire. Je m'effaçais et les laissais en découdre avant de rentrer aux stands pour un nouveau ravitaillement. Mais cela n'était vraiment pas notre soirée, car les bouteilles d'air comprimé pour le train avant étaient vides, et c'est ainsi que nous allions perdre 2 tours supplémentaires. Je finissais par rallier l'arrivée à la 18ième position, et perdais deux places au classement général pour terminer 10ième.

Après cette saison jonchée d'obstacles, avec bien souvent beaucoup de vitesse, mais peu de résultats, il est clair que nous aurions souhaité plus. Cela dit, je pense que nous avons construit quelque chose de solide pour l'an prochain, où nous devrions récolter les fruits de notre travail. Vivement 2015 pour une nouvelle saison IndyCar avec KVSH, et rendez-vous dans un peu plus d'un mois pour la finale du Tudor USC Championship, où je ferai de nouveau équipage avec Christian et Joao dans la Corvette d'Action Express, pour les 10h du Petit Le Mans à Road Atlanta.

@+,
Seb.

Sonoma - 27/08/14

C'est sur le circuit de Sonoma, au Nord de San Francisco, que s'est tenue l'avant dernière manche du championnat IndyCar. Tracé sur lequel nous avions testé au mois de Février, avec beaucoup de succès, les espoirs de l'équipe étaient très élevés. Ma voiture était excellente dans les conditions fraiches de l'hiver, et nous savions tous que les choses pouvaient être sensiblement différentes avec des températures de piste bien supérieures.

Dès les premiers tours de roues, je devais me rendre à l'évidence, la tonne de grip qui avait rendu ma voiture si compétitive en Février n'était plus là ! en glisse de partout, l'équilbre n'était pas mauvais, mais il allait falloir trouver des solutions, et vite. Avec un nouveau weekend de deux jours, peu de pneus, et seulement deux séances libres, les Penske, Ganassi, Andretti et consor, qui étaient venus tester en Californie entre Mid-Ohio et Milwaukee étaient tous devant! Sans nous apitoyer sur notre sort, nous allions trouver quelques solutions et gagner un peu de terrain, sans toutefois nous retrouver aux-avant postes, restant à une petite demi seconde. La qualif arrivait déjà. Après un premier run en pneus standards où je me retrouvais 4ième avec une auto assez fine de l'arrière, nous chaussions les options et croisions les doigts. Tout de suite je réalisais que cela allait être le premier tour ou rien. Je réalisais une boucle correcte qui nous permettait de signer le deuxième chrono du groupe et de passer en Q2. Après quelques petits ajustements pas très concluants, j'allais faire une erreur lors de mon premier tour. Afin de sauver les gommes et d'optimiser mes chances, je levais le pied et tentais un second tour, mais le "jus" des pneus était parti, et je ne parvenais pas à faire mieux que le 7ième chrono, râtant le fast six pour 5 centièmes...

Pas très fier de ma prestation en qualif, nous allions préparer la course avec un warm-up solide. L'auto semblait prendre relativement soin des gommes, et le rythme très correct. Au départ, tout allait malheureusement partir de travers lorsque cote à cote avec Castroneves, je me retrouvais dans la boite de Briscoe. Tentant de ne pas exploser tout le monde, je poussais les deux, et me retrouvais avec une auto tordue et moteur calé. Fort heureusement, le drapeau jaune sortait, et je parvenais à rejoindre le peloton, mais la course s'annonçait beaucoup moins bien, dorénavant dernier avec une auto pas à 100%. L'équipe allait alors être très audacieuse coté stratégie, et un peu avant la mi-course, la situation était plutôt prometteuse, surtout quand Huertas explosait son moteur et nous permettait de recoller à la tête. Mais à la relance, alors qu'il nous restait dix tours de carburant et que tout le monde devant nous, devait ravitailler dans les deux, trois tours, Castroneves allait se mettre complètement à l'intérieur de l'épingle, alors que j'étais déjà en train de passer mon coéquipier. Pris en sandwich, le contact était assez violent, Seb partait en tête-à-queue, je parvenais à continuer, perdant 5 positions, et Castro s'en sortait sans problème... La fin de course allait être moins passionnante, bloqué derrière les voitures qui tentaient de finir avec les vapeurs d'éthanol. Grâce à Power qui faisait le ménage devant moi, et à quelques autos en panne de carburant lors du dernier tour, je terminais 11ième.

Après ce weekend pas irréprochable de mon coté, nous sommes déjà à Fontana, où j'espère pouvoir terminer en beauté.
Seb.

Weekend difficile à Milwaukee. - 19/08/14

C'est sur l'oval presque plat d'un mile situé à West Allis dans le Wisconsin, que le championnat IndyCar rentrait dans la dernière ligne droite du calendrier. Circuit sur lequel j'avais remporté ma seule et unique victoire sur "short oval" en 2006, je savais ce qui allait nous falloir pour nous battre devant, mais le simple fait que nous n'ayons pas pu tester comme les autres au mois de Juin allait forcément nous faire défaut. Avec ces weekends de deux jours, seulement deux petites heures d'essais et trois trains de pneus, il fallait que l'auto soit top d'entrée de jeu, afin d'espérer un nouveau bon résultat.

Les températures étaient très élevées dès la première séance du matin, et un énorme sous-virage allait mettre un gros coup de frein à nos aspirations... après plusieurs tentatives, il apparaissait très clair que nous n'étions pas dans le coup.
Pour la seconde libre, nous allions tenter une autre solution technique sans plus de réussite. Dès que j'essayais d'attaquer en entrée de virage, le pneu avant droit m'abandonnait, et j'étais bien obligé de lâcher l'accélérateur pour gérer la dérive du train avant. En tentant de résoudre le problème, nous allions parvenir à introduire une grosse glisse du train arrière en sortie de virage, sans réellement changer l'équilibre au centre du virage.
Forcément, la séance qualif s'annonçait compliquée, mais en pneus neufs, j'avais bon espoir qu'avec une bonne dose d'aileron avant et quelques changements mécaniques, j'allais parvenir à limiter la casse. Mais dès le tour de chauffe, j'étais forcé de constater que cela n'avait pas suffi, et le niveau de sous-virage était tel que le pneu avant droit en vibrait. Je signais le 18ième chrono, bien loin de la pôle !

Pour le dimanche, la température avait bien baissé, ce qui allait nous aider à gérer le sous-virage (en général, plus il fait chaud, plus le problème rencontré augmente, et vis-versa). Malgré tout, le soleil chauffait bien la piste, et je ne m'attendais pas à des miracles. Le départ est toujours super important sur ce circuit où il est très difficile de dépasser. J'allais donc exécuter mon plan de façon presque parfaite, utilisant l'extérieur pour passer plusieurs concurrents. Pointant 13ième après quelques boucles, on n'était pas franchement dans le bon wagon, mais on limitait la casse. Comme d'habitude, la tête allait rapidement rattraper les derniers, et cela allait créer un regroupement aux-avants postes, forçant un peu le premier cycle de ravitaillement. Le danger est toujours assez élevé sur les petits ovals, car tu perds presque deux tours en stoppant sous drapeau vert, et si jamais le drapeau jaune tombe, ta course est foutue. Nous allions donc décider de ne pas effectuer notre premier arrêt trop tôt, préférant tenter un truc plus tard dans la course. Planté dans le trafic, mon équipe allait décider d'anticiper le second pit-stop. Grace à plusieurs tours rapides, utilisant au mieux les pneus neufs, je parvenais à me hisser à la septième position, et tout le timing stand commençait à y croire (moi aussi d'ailleurs). Malheureusement, le premier et unique drapeau jaune interrompait notre élan, avant qu'un problème à l'avant droit nous fasse perdre deux positions. En plus, afin de ne pas finir la course en vieux pneus, il allait falloir effectuer le restart avec les pneus de qualif ! A la relance, je n'allais pas faire le poids face à mes concurrents en pneus neufs, et je perdais presque toutes les positions durement acquises... De mon côté, j'allais me faire quelques frayeurs, manquant de peu le mur au milieu du premier virage et perdant près de 5s. Avec une fin de course sans histoire, je ralliais l'arrivée en 12ième position, pas content du résultat, mais il était clair qu'il nous en manquait ce weekend, alors direction la Californie pour Sonoma et Fontana, deux circuits que j'affectionne.

A la semaine prochaine,
Seb.

Nouveau podium à Mid-Ohio ! - 06/08/14

La 15ième manche du championnat IndyCar a eu lieu ce weekend sur le tracé historique de Mid-Ohio. Superbe circuit à l'ancienne, perdu au milieu de la campagne, c'est toujours une des grosses difficultés de la saison, car il y est très difficile de trouver un bon équilibre, et le grip de la piste change en permanence (chronos allant de 65s à 71s). Suite à notre superbe weekend à Toronto, et à un test assez fructeux, les ambitions de podium étaient légitimes, mais comme souvent, tout allait se jouer en qualif, car les écarts sont très faibles dans l'Ohio (0.5s couvrant en général la majorité du plateau!).

Après une 5ième position en P1 et ayant réalisé le meilleur chrono de la P2, les espoirs de bien figurer étaient renforcés. L'auto était compétitive, mais il nous manquait un petit quelque chose afin de faire fonctionner les pneus neufs, et à chaque fois, nous signions notre meilleur chrono en gomme de 15-20 tours...

La dernière libre ne faisait que de confirmer cette tendance, et j'étais inquiet pour la qualif, car je ne savais pas à quoi m'attendre en pneus options. Tous les scénarios allaient alors être balayés lorsque la pluie faisait son apparition. Pendant plus d'une heure, des trombes d'eau s'abattaient sur le circuit, mais au moment ou le premier groupe de qualif s'élançait, le déluge prenait fin. Les drapeaux rouges allaient se succeder et c'est en un tour qu'il allait falloir passer. Parti sur une piste encore bien humide, nous n'allions pas répéter l'erreur de St Petersburg, la voiture me mettait tout de suite en confiance et je passais en Q2 sans problème avec le deuxième temps. Handicapé par notre position dans la pit-lane, je me trouvais pris dans le trafic, bloqué derrière Kannan et quelques autres, mais par peur d'un nouveau drapeau rouge, je n'osais pas sacrifier un tour... du coup, je ne réalisais pas le meilleur tour possible, mais cela allait suffir pour finir P1. Les conditions de piste allaient continuer de s'améliorer et pour le dernier segment, quelques traces sèches commençaient à faire leurs apparitions. Cela changeait tout, car lors des deux derniers tours il allait falloir changer de trajectoire selon les virages, pour utiliser les partie sèchantes. C'est ainsi que dans mon ultime passage, je tentais le tout pour le tout avec des pneus à l'agonie, plus à la façon drifting qu'IndyCar ! La réussite était avec moi, car malgré quelques grosses chaleurs, je parvenais à prendre la pôle avec une demi seconde d'avance sur Newgarden.

Avec cette seconde pôle consécutive, le moral des troupes était gonflé à bloque. Malgré tout, je n'étais pas trop sûr de mon auto en pneus rouge, et le warm-up n'allait pas franchement me rassurer, avec un gros sous-virage dès le second tour. Le départ allait être très mouvementé derrière moi, et le premier drapeau jaune interrompait les débats. A la relance, malgré une auto peu à son avantage en pneus options (toujours trop de sous-virage), je parvenais à prendre une petite avance et à ne pas être menacé. Au premier arrêt, il fallait décider soit de rester en option ou de mettre les pneus standards. Pas trop sûr du choix de la concurence, je décidais de rester en pneus rouges, afin d'optimiser le tour de sortie des stands (toujours plus rapide avec les gommes tendres). La stratégie allait plutôt bien fonctionner, et après quelques tours, je parvenais à creuser un petit écart sur Newgarden (lui en pneus noirs). Malheureusement pour nous, Hunter-Ray allait partir en tête-à-queue, et causer la seconde neutralisation au plus mauvais moment. Dès lors, il fallait chausser les gommes dures, sur une piste qui allait être de nouveau "verte" (sans gomme et donc sans grip) et Dixon qui était décalé en stratégie avec une très bonne auto, avait pris les commandes ! A la relance, je ne pouvais rien faire contre les concurrents chaussés des gommes rouges, et je ne pouvais faire mieux que stabiliser l'écart une fois pointé à 5s. Le dernier arrêt allait très bien se passer, et je me retrouvais en seconde position à la bagarre avec Hinchcliff. Les espoirs de victoire avaient cela dit disparu car Dixon était intouchable, et je me trouvais chanceux de pouvoir résister au Canadien qui était clairement plus rapide que moi en pneus options.

Avec notre second podium en deux weekends, le camp de la voiture #11 marque de gros points et concrétise enfin les espoirs et le bon rythme affiché depuis le début de saison ! Prochain rendez-vous à Milwaukee les 16 et 17 aout.

Seb.