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Long Beach - 16/04/14

La seconde manche du championnat a eu lieu en Californie, sous un soleil qui n'a jamais réussi à faire monter le thermomètre au delà des 20°C. Après avoir montré un très bon rythme à St Petersburg, nous avions décidé de ne pas réinventer la poudre au niveau du setup de l'auto, et d'entrée de jeu nous étions dans le coup. Une petite touchette à la sortie du premier virage allait mettre fin prématurément à notre séance, mais tout semblait sous contrôle. Après quelques ajustements sur les hauteurs de caisse, ressorts et autres, j'entamais la seconde séance sur de bonnes bases, et après un petit changement assez heureux sur les amortisseurs arrières (pour calmer un peu l'arrière en entrée du premier virage), je signais le deuxième chrono derrière Simon.

Après une bonne entame de weekend, nous allions continuer de garder le contact avec l'évolution de la piste, grâce à quelques changements mécaniques. Toujours aux avant-postes, on terminait quatrième de la dernière libre en n'ayant fait qu'un seul tour vite en pneus neufs, ce qui nous laissait approcher la qualif avec un bon niveau de confiance, même si les écarts étaient infimes depuis le début du weekend.
La séance chrono allait être un super moment, comme je n'en avais pas eu depuis longtemps en monoplace ! P1 dans mon groupe, P1 en Q2 avec le meilleur temps du weekend, et finalement P3 dans le Fast 6 à 0.15s de la pole. L'auto était quasi parfaite en gomme neuves options, et j'ai pris beaucoup de plaisir !

Le lendemain, tout semblait sous contrôle dès le warm-up, même s'il semblait clair que nous étions un peu dur avec les pneus arrières, et que leur dégradation était un peu élevée.
Pour le premier départ arrêté de la saison, j'allais presque faire le All Shot, mais Hunter-Ray défendait logiquement l'intérieur au premier freinage et je décidais de ne pas tenter le diable, il y avait 80 tours pour en découdre. L'écart entre nos deux autos allait évoluer plus en fonction des attardés qui sortaient des stands après avoir tenté une stratégie décalée ou un incident, mais je parvenais à conserver ma seconde position et à rester au contact avec le leader malgré un train arrière qui commençait à beaucoup bouger... Hinch et moi allions rentré aux stands en même temps, au 25ième tour. Le stop allait être très moyen mais nous parvenions tout juste à garder l'avantage. Dorénavant en pneus standards (plus durs), le tour de sortie des pits avec le canadien aux fesses ne s'avérait pas simple mais à mi circuit j'étais toujours devant. C'est là où tout est parti de travers ! En fin de premier relai, j'avais mis beaucoup de frein sur l'avant afin de stabiliser l'arrière baladeur, et durant l'arrêt aux stands, je n'étais clairement pas suffisamment revenu en arrière, car à l'approche du virage 8, je bloquais instantanément les deux avants et dès lors, l'auto allait refuser de tourner. Je terminais ma course encastré dans le mur de pneus avec le moteur calé et l'aileron avant cassé. Malgré l'impact, la suspension n'avait pas l'air endommagée, et je parvenais à rentrer aux pits. Nous étions cela dit à un tour. La suite allait de mal en pire. Nous écopions d'un drive-thru pour avoir changé les pneus alors que les stands étaient fermés sous drapeau jaune (nous avions le droit de changer l'aileron avant mais c'est tout). Puis, je ne savais pas trop pourquoi, j'allais tenter de réparer mon erreur et reprenais confiance, un peu trop, car au freinage du 9 je faisais preuve d'un excès d'optimisme, bloquais les roues arrières, et jetais l'auto droit dans les pneus, assez persuadé que celle-ci allait être terminale. Mais comme après la première sortie, l'auto roulait toujours, cette fois un peu tordue, mais il fallait dorénavant juste finir (à 3 tours). Suite à un gros accrochage entre les leaders, je terminais malgré tout 14ième, mais un peu honteux car toute l'équipe méritait au minimum un podium.

Prochaine étape à Barber du 25 au 27 avril,
Seb.

St Petersburg, première. - 05/04/14

C'est à domicile que la saison 2014 d'IndyCar allait débuter. Après une changement d'équipe durant l'hiver, passant de Dragon Racing à KVSH (équipe vainqueur de la dernière édition des 500 d'Indinapolis), beaucoup de travail a été effectué pendant l'intersaison, et c'est avec un gros moral que toute l'équipe abordait le premier test de l'année. Sur un circuit qui ne m'a pas réussi de puis mes débuts en 2003, j'avais bon espoir d'enfin pouvoir briller devant mes amis de floride, même si la météo s'annonçait un peu capricieuse.

La première séance libre lançait parfaitement le weekend. Parti avec une auto assez délicate de l'arrière, le chrono tombait tout de suite malgré tout. Après quelques améliorations sur le setup, nous aurions même pu signer le meilleur temps de la séance sans une petite touchette avec le mur à la sortie du virage 10. 5ième au final.
Pour la seconde libre, une petite pluie fine et intermitente allait rendre les choses très compliquées. Le grip n'était pas constant, et lors de notre run en pneus neufs, les conditions allaient s'empirer. Du coup, j'allais améliorer lors me mon dernier run, avec des pneus qui n'étaient plus neufs, mais il semblait clair que nous avions trop de sousvirage (manque de train avant) lorsque la piste prenait du grip, et nous terminions 9ième.

Plutôt déçue de notre recul dans la hiérarchie, toute l'équipe technique allait mettre les bouchées doubles pour trouver des solutions, et remettre les pendules à l'heure avant la qualif. Ce fut chose faite, car samedi, l'auto allait parfaitement évoluer, et nous allions signer le 4ième chrono à 1 dixième. Tous les espoirs était donc permis pour la qualif, mais s'était sans compter sur la pluie qui arrivait. Pendant plusieurs heures, nous allions attendre afin de savoir si oui ou non la séance allait être maintenue, et c'est finalement passé 17h, sur une piste extrêmement glissante que nous devions en découdre. Etant dans le premier groupe, nous allions être les cobayes. Positionné milieu de pit-lane, nous décidions d'attendre 30s avant de nous élancer afin d'avoir une bonne visibilité, mais alors que je n'avais pas encore entamé mon premier tour, Rahal causait le premier drapeau rouge, alors que la plupart de mes concurents commençaient leurs second tour chrono. A la reprise, j'allais être trop prudent dans mon premier tour et au bout de deux virages dans le second, un nouveau drapeau rouge mettait un terme à la séance et je passais à la trappe pour 0.15s ! Tout le monde était vert et ce n'était vraiment pas le début de saison que nous avions espéré. Pour enfoncer le clou un peu plus, il n'y allait plus y avoir de rouge durant le reste de la qualif !!!

Pour le warm-up, nous allions de nouveau être très compétitifs, signant le troisième temps, mais tout allait partir de travers dès le départ. En treizième position sur la grille, je voyais Rahal (dernière ligne) me déposer alors que le drapeau venait juste d'être brandi, et il n'était pas seul, car je pointais 19ième au premier freinage ! un vrai scandale. Comme d'habitude, aucune action n'allait être prise par la direction de course, et il allait falloir faire le boulot tout seul. Pour compliquer les choses, il allait y avoir un gros coup de frein au virage 8, et j'allais endommager mon aileron avant dans la boite de Montoya. Je parvenais malgré tout à dépasser JPM, Simon et Graham, mais au 12ième passage, IndyCar nous imposait de changer notre nez, et la chasse était ouverte ! le seul problème, c'est que pour faire la course en 3 stops, il allait falloir sauver beaucoup de carburant, alors que j'étais déjà dernier ! La voiture était cela dit tellement vite, que j'allais parvenir à sauver de l'essence et dépasser mes adversaires. Mais nouveau coup de sort, alors que la course n'allait pas voir de drapeau jaune pendant 73 tours, du jamais vu, le premier allait tomber au 74ième, alors que nous devions faire notre dernier arrêt ! L'équipe me demandait donc de sauver un max d'essence afin de survivre jusqu'à l'ouverture de stands, et race control nous demandait de rattraper la tête ! finalement, deux virages avant l'entrée aux stands, j'effectuais la jonction, pas assez vite pour la direction de course, et nous allions écoper un drive thru à la relance. Dès lors, je tentais le tout pour le tout, et dépassais 5 voitures en 19 tours, pour finir à ma place sur la grille, en 13ième position !

Le weekend ne s'est donc pas déroulé comme prévu, et le résultat final n'est pas à la hauteur de notre niveau de performance (toujours dans le top 10, deuxième chrono en course à un dixième de Power, le vainqueur du jour). Cela dit, je préfère terminer 13ième avec une auto capable de gagner, plutôt que bon 13ième à ma place. Alors vivement la semaine prochaine à Long Beach !

@+,
Seb

Victoire aux 24h de Daytona ! - 11/02/14

Comme la tradition l'impose, la saison a démarré fin Janvier avec les 24h de Daytona. En fait, la saison 2013 n'a jamais franchement stoppée, avec de nombreuses séances d'essais aussi bien en IndyCar avec KVRT, qu'avec Action Express en USC. Depuis le début des préparatifs aux 24h, l'équipe avait travaillé d'arrache pied, afin d'être la première en piste avec la nouvelle configuration pour les DP (Daytona Prototype). Ce fut chose faite, mi-novembre, à Sebring, puis dans la foulée à Daytona. Après un court passage en Europe pour les fêtes de fin d'année, j'étais vite de retour en Floride pour le Roar (derniers essais avant les 24h, les 3, 4 et 5 Janvier). Lors de toutes ces séances, l'auto s'était montrée fiable et rapide, comme mes coéquipiers, Joao Barbosa et Christian Fittipaldi. Le groupe Action Express arrivait donc avec une certaine confiance et une grosse dose de sérénité, à l'entame du weekend le plus important de l'année en endurance US.

Pas forcément toujours les plus rapides, nous étions toujours présent aux avant-postes lors des différentes séances libre, et c'est un peu déçus que nous allions prendre le départ en 3ième position. Pas franchement à cause de la position qui n'a aucune importance sur une épreuve comme les 24h, mais parce que l'équilibre de la voiture n'était soudainement pas au mieux. Heureusement, les températures allaient rester fraiches durant tout l'évènement, et après quelques ajustements de dernières minutes, nous allions pouvoir compter sur une auto facile à conduire durant toute la course.

Le mot d'ordre était simple : survivre (passer à travers les incidents, ne pas prendre de coups, et ne pas faire de fautes) pendant au moins 20h ! Avec 67 voitures au départ et certains pilotes qui n'en avaient que le titre, la mission n'allait pas être simple. Après un début de course sans histoire, j'allais prendre le volant et me rendre compte de la complexité de la tâche, dès mes premiers tours. Après une neutralisation et un arrêt aux stands, je devais prendre le restart en queue de peloton. Ne souhaitant prendre aucun risque, j'avais décidé de prendre mon temps, mais j'allais vite me rendre compte que cela n'était pas si simple, car je me retrouvais englué au milieu de GTD, GT et PC, sous la pression d'autres DP et P2. Je me retrouvais même en tête à queue une fois sorti du chaos lorsque notre voiture soeur me fermait la porte alors que je croyais qu'elle me laissait repasser ! Après cette entame de course un peu compliquée pour moi, j'avoue que je ne savais plus trop comment gérer le trafic, et nous allions donc décider avec Ian (notre ingénieur) de ne plus nous mettre (si possible) dans cette position lors des restarts, afin de minimiser les risques d'accrochages. En effet, il n'y a jamais rien à gagner à Daytona durant les 20 premières heures, à cause des neutralisations très nombreuses, mais tout à perdre ! La suite allait être plus limpide, à mon plus grand bonheur. Partis sur une base de triple relais pour tous les pilotes, je finissais par trouver un bon rythme, et signais même le record du tour (qui allait tenir jusqu'au bout) grâce à deux tours sans trafic. Rien de notable n'allait venir troubler le déroulement de notre course, jusqu'à 6h de la fin, quand Joao allait écoper d'une pénalité suite à un contact avec une GTD (sans avoir eu le droit à un replay vidéo !). Avec le temps restant, l'heure n'était pas à la panique, mais comme souvent quand on en a besoin, il n'y allait plus y avoir de drapeau jaune jusqu'à 2h30 de la fin, alors que j'étais au volant, et me bagarrais à coup de dixième pour revenir sur la 10, alors en tête. Les performances étaient tellement proches que le résultat allait clairement être un jeu de position. Suite à cette neutralisation qui allait nous remettre dans la course à la gagne, la 10 devait faire un stop de plus que nous, et du chasseur, nous allions passer au chassé ! Une fois devant, j'allais effectuer mon dernier relai à bloc, et personne n'allait revenir. Mieux, je parvenais creuser l'écart et à le porter à 12s avant de donner le volant au Portugais pour la dernière heure et demie. Une dernière intervention de safety-car à moins de 20 minutes de la fin n'y changerait rien, et Action Express remportait pour la seconde fois en 4 ans les 24h de Daytona ! Pour moi, c'était une première, et une superbe façon de commencer l'année !

Prochain rendez-vous, les 12h de Sebring, le 15 Mars.

Fontana - 25/10/13

Pour la dernière manche du championnat IndyCar, et ma dernière course avec Dragon Racing, le challenge était de taille. Bien que nous ayons montré quelques petites choses sur les Superspeedways, notamment à Indy, les résultats n'ont jamais été très marquants. C'est pourquoi toutes l'équipe était bien décidée à finir sur une perf. Après deux tests plûtot probants, je me sentais assez en confiance pour passer à l'attaque.

Après quelques soucis durant la première séance libre, dont un problème de pompe à essence nous forcant à rouler avec beaucoup de carburant, l'équilibre était bon et je pouvais rouler presque partout sur l'oval.
Pour la qualif, je ne cessais de me répéter que cela allait le faire. Avec une des autos les plus déchargée en aéro, le défit était de taille, car non seulement il fallait rester à fond pendant deux tours, mais il fallait aussi garder l'auto à la corde. Après une grosse frayeur pendant le second tour, je parvenais malgré tout à signer le quatrième chrono, derrière les trois Penske. Bien évidemment, la rumeur comme quoi nous avions récupéré le setup Penske n'allait pas tarder à se répandre, mais peu importe, moi je sais que ce ne fut pas le cas !
La dernière libre allait confirmer que nous étions bien présents, et que nous allions pouvoir nous battre le lendemain.

Cette course avait beau être longue de 500 miles, je ne perdais pas de temps pour me mettre dans le rythme, et comme je savais que mon auto était plus à l'aise devant que dans le peloton, je partais à la chasse de Power, que je parvenais à passer vers le milieu du premier relai. La course allait se résumer assez simplement. Après avoir mené un bon nombre de tour, deux petites bavures dans les stands allaient nous remettre dans le peloton, mais à chaque fois, mon auto allait me permettre de revenir devant, à la bagarre pour la gagne. Malheureusement, à vingt tours de la fin, je pense que quelque chose à cassé sur la suspension avant droite (conséquence possible du coup donné par Hinch quelques tours plus tôt), et je me suis retrouvé dans le mûr en pleine ligne droite : dommage !

Malgré tout, le plus important fut démontré : on a été dans le coup tout le temps et jai montré que dans une bonne auto, il allait falloir compter sur moi l'an prochain, même sur les ovals !